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nouveau clip: un automne à la CREA

Bilan d’un automne 2013 où comme toute l’année, la CREA se tape et fait face à toutes les formes de misères et de répressions !

https://www.youtube.com/watch?v=4ufC2zmWipg

Festival de la Caisse Noire

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chkon homa chkon homa loezara r3awi chkon hnya chkon hnaya wlad cha3b lmhgorin

chkon homa chkon homa loezara r3awi chkon hnya chkon hnaya wlad cha3b lmhgorin

 

 

(Dédicace à nos camarades prolétaires du Maroc du mouvement du 20 février qui en ont marre de ce système ! Traduction : Qui sont-ils ? Qui sont-ils ? Les Ministres qui toujours exploitent. Qui sommes-nous ? Qui sommes-nous ? Les enfants du peuple qui se font toujours réprimer)

 

 

Le 18 décembre, à 8h30 du matin deux camions, trois voitures de police, 3 camions de déménagements, trois ouvriers de la société DEM (habituée à collaborer avec la police pour expulser les squats) et une vingtaine de policiers sont venus remettre à la rue des galériens, une femme enceinte et une famille avec un enfant de 6 mois. Ils ont voulu casser la porte d’entrée au bélier alors que l’enfant dormait encore. C’est le père qui a demandé d’arrêter de faire du bruit. « Réveillez le bébé, il faut sortir dehors ! », répond la police. Un autre veut rentrer chez lui pour reprendre ses affaires. Il l’empêche d’entrer et se fait attraper au col. Il ne se laisse pas faire : les policiers l’encerclent, le fouillent et trouvent une excuse pour l’embarquer au commissariat où il fera sept heures de garde à vue avec en bonus une convocation au tribunal en octobre 2014. Affaire à suivre. Avant de partir, les policiers rient au nez des expulsé-e-s : « Vous allez dormir où maintenant, à la rue ? ».

 

 

Le 21 décembre, même heure mais autre endroit. La police réveille les parents et les enfants et leur donne 20 minutes pour partir. La famille repart alors à la rue avec ses petites affaires. Il a fallu rappeler l’huissier pour obtenir le reste des affaires qui ont pu être récupérées. Trois nuits dans un hôtel à l’extérieur de la ville lui ont été proposées mais elle a refusé de participer à cette mascarade. Le jour même, le propriétaire paye des ouvriers pour installer un système d’alarme et de vidéo-surveillance et verrouiller toutes les fenêtres.

 

 

Le 15 décembre, des personnes ont occupé des logements laissés vides par Habitat Toulouse. La police est venue les sortir de force en escaladant la porte du jardin. Par vengeance, les flics crèvent les pneus de leurs vélos, en criant au passage « Ah, toujours les même qu’on voit ! ». Depuis, le bâtiment est soigneusement gardé par un ouvrier de la sécurité.

 

 

Trois semaines avant, c’est la Mairie qui a expulsé suite à une procédure judiciaire expéditive (titre d’expulsion en sept jours). Au cours de cette expulsion, la police a violenté des femmes, une mère de famille a eu la jambe blessée et emmenée au commissariat sans raison. Elle sera retenue 5 heures avec un rappel à la loi. Elles garderont un bon moment les marques corporelles de ces violences policières ! Les fenêtres sont murées le même jour, une porte anti-squat installée et un agent de sécurité surveille le bâtiment jour et nuit. Des personnes ayant assisté à l’expulsion se sont faits menacer par la police. Un camion les a suivi et a tenté de les écraser en roulant sur la piste cyclable. A d’autres moments, quand ils nous aperçoivent, ils nous menacent, nous qualifie « d’ennemi préféré », frappent fort à leur fenêtre de voiture, font demi-tour pour nous mettre la pression !

 

 

L’État utilise tous les moyens pour s’attaquer aux pauvres qui s’organisent pour avoir leur logement, vivre bien. Après avoir empêché l’accès aux médias et les utiliser à plusieurs reprises pour faire de la désinformation contre ce mouvement populaire, c’est aujourd’hui la justice qui travaille avec lui pour accélérer les expulsions. Les pauvres n’ont plus de reports, aucun délai, condamnés automatiquement à des amendes parce qu’il serait « inéquitable » que les propriétaires qui spéculent aient des frais de justice. Leurs avocats sont harcelés pour qu’ils plaident alors qu’ils n’ont pas le temps de lire les dossiers. Les juges transmettent les décisions à la Préfecture au motif « d’assurer un suivi social ». Le suivi social, c’est des CRS devant ta porte pour te remettre à la rue toute l’année !

 

 

On a fait des manifestations, personne ne nous écoute, on n’existe pas dans ce pays alors qu’il exploite nos terres, que c’est nous qui avons construit les bâtiments et les routes ! Ce n’est pas nous qui occupons les bâtiments des « autres », mais les riches qui nous volent ce qu’on a construit !Ici et là-bas, ils nous volent toujours pour qu’on travaille dur pour eux ! Nous ne nous courberons pas l’échine devant les riches et l’Etat ! On continuera à s’organiser par nous-même, à reprendre collectivement les bâtiments vides et de tout ce qu’on a besoin pour vivre.

 

 

Tout pour tout-e-s ! Pouvoir au peuple !

 

 

Des membres de la Campagne de Réquisition, d’Entraide et d’Autogestion

 

Communiqué du 4/11/2013 de la Campagne de Réquisition d’Entraide et d’Autogestion

Manif crea 2 nov 2013    A partir du jeudi 31 octobre, à l’appel lancé par la CREA, une centaine de personnes s’est retrouvée autour du NOTHING TO LOSE, invitation à venir se rencontrer, échanger nos expériences et nos savoirs-faire autour des luttes du logement et se réapproprier une ville qui plus que jamais nous appartient.

Autour du mot d’ordre « rien à perdre-tout à reprendre, », nous avons ainsi ouvert publiquement et ensemble le second matin de novembre, un bâtiment que nous avons réquisitionné il y a plus d’une semaine. Nous sommes fiè.res de vous annoncer l’ouverture d’une maison au 26 rue Valade, dont le propriétaire est la Mairie et qu’elle a volontairement laissé vide depuis plus d’un an alors que son propre gouvernement se pavane vulgairement dans les médias en envisageant la possibilité de réquisitions.

Dans la même journée, à 14 heures, plus de 200 personnes se sont rassemblées devant la Mairie et ont défilé dans les rues de Toulouse pour rejoindre le nouveau Centre Social Autogéré  situé au 57 avenue Jean Rieux, à peine ouvert et déjà en procès. Ensemble entre galérien.nes, familles, enfants, militant.e.s, travailleur.ses pauvres, étudiant.es… nous avons dénoncé toutes les expulsions. Celles de nos frères et sœurs de condition, victimes comme nous du capitalisme et jeté.es hors de nos frontières, et les expulsions des logements et des réquisitions quelques jours après la remise à la rue des 58 habitants dont une dizaine d’enfants du Centre Social Autogéré des Demoiselles.
Cette manifestation populaire, festive et déterminée à se faire entendre, à quelques jours de la trêve hivernale, a été rejointe par le D.A.L Toulouse. Nous avons ainsi dénoncé le jeu cynique de la Préfecture, de la Mairie et de l’Etat, en résolvant de façon simple un problème qu’aucun ne semble vouloir régler : des bâtiments sont vides, des gens sont à la rue, nous réquisitionnons ! Et nous continuerons !

Venez nous rencontrer, nous filer un coup de main au Centre Social Autogéré au 57 avenue Jean Rieux pendant les assemblés générales les lundi à 14h et les jeudis à 18h.

Tout pour tou.tes !
Pouvoir au peuple !

Communiqué suite à l’expulsion du 70 allées des Demoiselles

TOULOUSE : LE MARATHON DES EXPULSIONS CONTINUE… CELUI DES RÉQUISITIONS AUSSI !

 

Hier, mercredi 30 octobre 2013, après plus de deux années de réquisitions et d’expulsions, la préfecture, la justice et la police ont de nouveau sévis en remettant à la rue les 58 habitant.e.s, dont la dizaine d’enfants résidant au Centre Social Autogéré des Demoiselles ouvert début août.

Aiguisant toujours un peu plus ses contradictions, la préfecture n’a évidement pas proposer de solutions de relogement contrairement à ce qu’elle aime clamer aux médias. Il ne nous est plus surprenant de constater sa facilité à  nous faire payer l’addition salé d’une expulsion : un hélicoptère pour faire des repérages les jours précédents, une vingtaine de cars de CRS avec dispositif anti-émeute, une centaine de policiers dont les renseignements généraux et la BAC. L’État choisi ses pauvres et leurs conditions d’existences : dans sa logique il faut réprimer et remettre à la rue des familles, des enfants, des étudiant.e.s, des galérien.ne.s, des chôm.eurs.euses, des ouvrier.eres, des vieux et vieilles, des précaires pour laisser des bâtiments vides et sans projet. Il faut préserver les intérêts du capital, de la bourgeoisie et de la spéculation plutôt que d’écouter ceux du peuple.

 

Mais une chose est sûre : nous ne disparaîtrons pas d’un coup de « tonfa magique » !

Et nous sommes heureux.ses de vous annoncer notre nouvelle installation. C’est désormais au 57 avenue Jean Rieux, lieu vide et fermé depuis plus de trois ans que nous habitons. Nous nous y organisons pour y vivre ensemble  dans des espaces et où tout le monde à la même voix, par et pour nous même. Plus qu’un espace d’habitation, nous voulons faire de ce bâtiment notre nouveau Centre Social Autogéré, ouvert sur le quartier et sur la ville pour toutes sortes d’activités et d’ateliers libres et gratuits.

 

Nous réaffirmons que l’État n’est pas la solution mais fait partie du problème. Nous prenons notre droit à l’autodétermination et nous refusons de nous résigner au jeu des pouvoirs publics et de la spéculation immobilière.

 

Tant que nous serons à la rue, nous réquisitionnerons.

Tant que ce monde nous fera gerber, nous nous organiserons.

Nous restons déterminé.e.s à continuer nos actions, à vivre selon nos moyens et nos convictions.

 

 

Tout pour Tout.e.s, pouvoir au Peuple

Nouveau Centre Social Autogéré 57 av Jean Rieux !!

Mercredi, l’Etat nous a expulsés du 70 allée des Demoiselles…

Nous sommes heureux de vous annoncer l’ouverture du nouveau Centre Social Autogéré de la CREA, 57 av Jean Rieux, (oui oui l’ancien Consulat du Maroc, avec ses airs de “soirées de l’ambassadeur”…)
Les habitant.e.s (familles ,ouvriers, galériens, étudiantes, précaires…) se sont installées, les activités reprennent, venez vite nous voir et participer.
D’ailleurs, comme le systeme est sans pitié, nous passerons en procès dès vendredi de la semaine prochaine…

Tout pour tou.te.s, Pouvoir au peuple !

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Expulsions imminente du Centre Social Autogéré !

L’Etat va expulser le Centre Social Autogéré de la CREA (70 allée des Demoiselles, Toulouse) en début de semaine prochaine ! Solidarité !

Malgré le fait qu’il n’a aucun projet sur ce bâtiment, qu’il nous a déjà expulsé illégalement l’année dernière, qu’il a perdu en appel à Bordeaux contre la CREA, que plus de 50 personnes dont une quinzaine d’enfants y habitent et se retrouveront à la rue, l’Etat vient de délivrer le “commandement de quitter les lieux” ce matin. Nous avions vu l’hélicoptère tourner autour du batiment il y a quelques jours, des flics faire des repérages, l’expulsion aura donc lieu la semaine prochaine, très certainement lundi ou mardi matin.
Venez nous aider à nous défendre, déferlez sur Toulouse pour empêcher l’expulsion, la solidarité est notre arme et nous comptons bien continuer à lutter et résister. Vous soutenez nos combats ? Ami.e.s, camarades d’ici et d’ailleurs, nous avons besoin de vous, venez montrer à la Préfecture que la CREA n’est pas seule et que le peuple sait se défendre !

Assemblée Générale en urgence aujourd’hui vendredi 25 oct à 18h au Centre Social Autogéré.

Nothing to lose ! “Rien à perdre !” / Texte d’appel à se rejoindre sur Toulouse le premier week-end de novembre autour des luttes du logement, mais pas que …

Nothing to lose !
À l’entrée de l’hiver, à Toulouse comme ailleurs, c’est l’heure de la trêve hivernale, toujours la même mascarade, toujours la même limonade.
Des tas de gens encore obligées de dormir dehors, ou de payer avec les 3/4 de leur salaire une pov’ pièce vétuste. Les préfectures de toutes les villes qui continuent d’expulser squats et logements locatifs. Le constat est amer et glauque. Alors on fait quoi ?
À Toulouse, la ville de la lose, on en a marre de rester les bras croisés. On sait qu’à plein on a plein de forces et de motivations…
Expliquons un peu ce qu’il s’est passé ces derniers temps pour nous :
Nous sommes passé.e.s d’une dizaine de bâtiments squattés, dans le même quartier, à Bonnefoï, tous près les uns des autres, à quatre bâtiments dispersés. On s’est bien fait rammass’. Et le nouveau centre social est déjà expulsable, après de longues tergiversations avec l’association des cités. On a même vu la PAF se ramener lors des expulsions, histoire de faire d’un coup de bélier deux coups de matraque.
Le projet et l’action de la CREA n’est pas seulement d’ouvrir des bâtiments vides en attendant l’expulsion pour ré-ouvrir à l’infini. C’est aussi se retrouver et s’organiser entre premières concerné-e-s, pour passer de la débrouille individuelle à l’entraide collective, pour réussir à vivre ensemble et à décider nous-mêmes de notre direction, trouver nous-mêmes les solutions à nos problèmes pour moins dépendre des institutions qui nous baladent…
En bref, se donner de la force quoi.
Là, en ce moment, nous avons besoin de sortir de l’urgence. On a le seum et un peu de monde pour nous aider à reprendre le rapport de force et être plus visibles dans la ville ne serait pas de trop.
Plusieurs rencontres ont déjà eu lieu un peu partout en f.Rance autour du logement, du squat, des politiques d’urbanisation et des phénomènes de gentrification. Riches en partages d’expériences et d’outils, elles n’ont pas donné plus de choses concrètes que des réponses de loin, des échos de villes en villes… Nous ne disons pas là qu’elles n’ont servi à rien, mais il est temps de passer la seconde.
Nous avons donc décidé de vous inviter le premier week-end de novembre pour :
Faire face à la répression // Mettre en pratique des réseaux nationaux et internationaux qui ne se rencontrent habituellement que pour discuter // Faire un Scrabble à 40 // Se rencontrer lors d’ateliers trop chouettes // Aller se promener dans Toulouse et faire des visites guidées // Connaître un peu plus l’architecture de la ville rose // Dériver, respirer, explorer et redessiner cette ville en vrac // Visiter des sous-marins discrets pendant quelques jours // Faire tout ce qui nous passera par la
tête …
Alors, venez, collectifs et individu.e.s de toutes les villes ! Si vous avez la possibilité d’arriver unpeu en avance pour nous aider à préparer c’est cool ! N’hésitez pas à réfléchir à des contenus de plannings, ce qui s’y passera se fera en fonction de ce que tou.te.s les participant.e.s auront envie de faire.
Et ramenez votre sac de couchage, frontale, vos envies et tous les outils qui vous sembleront nécessaires.
Pour des infos en plus, des questions ou tout simplement prévenir de ta venue :
nothingtolose2013@@@riseup.net
rien à perdre / tout à reprendre

Lettre Ouverte des membres de la Campagne de Réquisition pour l’Entraide et l’Autogestion à la préfecture de Haute-Garonne, en charge des expulsions et parait-il des relogements …

Nous, membres de la CREA et habitants du 70 allées des Demoiselles, réquisitionnons actuellement un bâtiment dont vous êtes propriétaire. Nous l’avons libéré en le transformant en un centre social autogéré et un lieu d’habitation pour une cinquantaine de personnes, majoritairement des familles avec enfants.

Nous l’avions occupé une première fois en avril 2011 alors que ni le ministère propriétaire du bâtiment, ni la préfecture de Haute-Garonne n’avaient de projet sur ce lieu laissé vide depuis 4 ans et destiné à le rester pour longtemps. Après un an et demi d’existence et un jugement expéditif, vous nous avez expulsé.e.s fin août 2012, malgré vos promesses et celles du ministère : « pas d’expulsion sans relogement ». Vous avez ainsi délibérément remis à la rue une quarantaine de personnes et une dizaine d’enfants.

Ne nous refusant jamais au dialogue, vous n’avez cessé de nous réprimer-expulser-remettre à la rue, alors que vos propres services d’hébergement d’urgence et de travailleurs sociaux orientaient constamment (c’est toujours le cas à l’heure actuelle) des familles et personnes en galère vers nous.
Ainsi, durant plus de deux ans, nous nous sommes organisés, entre galérien-ne-s, par nos propres moyens et pour nos propres besoins. En effet, il est clair que vos intérêts, ceux d’organiser la misère et l’exploitation, vont à l’encontre des nôtres. Au regard de la manière dont vous nous avez traités, nous ne sommes pas dupes : vous faites plutôt partie du problème que de la solution. Si vous prétendez le contraire, vous êtes assurément incompétent, voire dangereux.

Malgré l’acharnement dont vous avez fait preuve, nous n’avons cessé de lutter, et c’est tout naturellement  qu’un  an plus tard, en août 2013, nous sommes revenus chez nous. Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans la même situation qu’il y a un an : dans le même bâtiment, avec les mêmes personnes et d’autres encore ayant parcouru le labyrinthe de vos institutions avant d’être jetées au ban de la société.

A la suite de notre expulsion en août 2012, vous avez proposé à plusieurs associations d’occuper ce bâtiment. Elles  ont toutes refusé, ne cautionnant pas vos méthodes. Seule la Halte de nuit, qui quémandait depuis 8 ans des locaux à vos services, a fini par accepter. L’État choisit ses pauvres, et les cadres de leurs conditions d’existence. Vous avez ainsi choisi, dans ce que vous considérez comme social, d’expulser des personnes habitant un lieu pour y accueillir des SDF  dans des conditions inadaptées : un bâtiment muré, en utilisant seulement deux étages sur cinq, où la possibilité d’y dormir , « parqués » à plusieurs dans des box, ne serait-ce que quelques heures, a été arrachée par une lutte des SDF eux-mêmes.

Nous entendons par cette lettre prendre à témoin toutes les personnes qui voudront comprendre notre situation.  Y compris nos détracteurs d’aujourd’hui, nos alliés d’hier qui marchent au jeu de la division et se désolidarisent de notre action pour préserver les quelques miettes que vous leurs concédez.

La Halte de Nuit a retrouvé des locaux, certainement mieux adaptés à son projet. Elle a également renoncé à continuer les poursuites contre nous. Mais la décision de justice a été rendue et nous sommes expulsables sans délais.

Il vous faudra dorénavant assumer publiquement et politiquement que vous nous expulsez sans autre raison que la volonté de nous remettre à la rue car vous n’avez plus le prétexte d’un quelconque projet sur ce lieu. Il vous faudra assumer vos contradictions et votre acharnement qui se soldera par la mise à la rue d’une cinquantaine de personnes, dont une dizaines d’enfants scolarisés dans le quartier depuis plusieurs années, et ceci à l’entrée de l’hiver.

Parmi nous, des galérien.ennes, des sans-toit, des sans-travail, des privé.e.s de papiers, des étudiant.e.s, des travailleurs.euses précaires, des gens qui en ont marre de votre système, des gens solidaires… qui vivent et s’autodéterminent ensemble. Contrairement à ce que vous ne cessez de propager, ici, personne ne manipule personne : ce qui nous anime et rassemble c’est le fait de nous réapproprier nos vies et les manières de les mener. C’est l’idée de justice sociale et de solidarité.

Vous nous direz sans doute, et cyniquement que « Vous ne faites qu’appliquer des décisions de justice ».
Nous entendons bien que dans votre logique et celle de la Justice, la propriété privée prévaut sur le droit d’usage et la solidarité. Mais dans la nôtre, celle qui sort des intérêts de la bourgeoisie, de l’État et du capital : des personnes dorment à la rue, des logements sont vides, donc nous réquisitionnons.
Nous prenons notre droit à l’autodétermination de nos vies. Nous refusons de nous résigner au jeu de la spéculation immobilière.

Ce que nous exigeons aujourd’hui, c’est de rester au 7O, allées des demoiselles. Nous sommes déterminé.e.s à continuer nos actions, à vivre selon nos moyens et nos convictions.

Tout pour tout.e.s, pouvoir au peuple !!!

Stop toutes les expulsions!

Pour s’associer aux mouvements de réquisition en Espagne, en Italie et au Pays Basque, et pour utiliser une démarche similaire permettant de mettre en lien les luttes contre les expulsions en France, la CREA vous propose ce “stop à toutes les expulsions” (en pj) qui reprend le logo des camarades des autres pays. Qu’il fleurisse partout en France pour montrer aux pouvoirs que nos luttes s’unissent par delà leurs frontières locales et globales. Imprimons le, affichons le, en autoc, drapeaux… stop-expulsions

Des lendemains qui chantent…

A To Lose comme ailleurs, à l’arrivée de la trêve hivernale, c’est toujours la même limonade: plus de 4000 bâtiments et logements réquisitionnables par l’Etat et presque rien de fait. Comme d’habitude, de grand discours, 200 places d’accueil d’urgence supplémentaire obtenues après une lutte des travailleurs sociaux durant ces dernières années, mais bien loin de combler les besoins réels : est-ce vraiment cela le problème ?

La préfecture et ses sbirs se cachent derrière cet argument pour justifier les expulsions de squats et mener la vie dure aux nombreuses personnes qui essaient de trouver une alternative à tout cette de-mer ! Ou bien en prétextant encore qu’elle ne ferait qu’appliquer des décisions de justice : FOUTAISE !!

Nous savons très bien, et cela nous a été démontré à chaque passage devant les tribunaux, qu’il n’y a aucune impartialité judiciaire. Que nous arrivions avec des dossiers bétons, des avocats qui déchirent tout, le verdict est toujours le même, c’est devenu mécanique : EXPULSION IMMEDIATE !

 

En plus d’une défense de la propriété privée à tout prix au détriment du droit au logement, c’est une grosse mascarade politico-judciaire qui se trame ici. Nous ne sommes pas dupe, nous n’avons vraiment rien à attendre d’un parti, quel que soit sa couleur, ni de l’«Etat », ni du reste. Nous le savions déjà et la réaffirmons. La résignation est un suicide quotidien, alors nous réquisitionnons des bâtiments pour nous loger et nous organiser entres premier-e-s concerné-e-s, pour trouver des alternatives à l’horizon brumeux et muré qu’ils nous imposent. Malgré la répression et les procès, malgré les expulsions qui s’enchaînent. Il faut croire que des familles, des gamin-e-s, des trimard-e-s sont mieux à la rue… L’Etat sait trier les bons citoyens des mauvais !

 

Dernière réquisition en date, le 11 rue des trois renards (place St-Sernin), bâtiment destiné à héberger les archives d’un musée. La mairie sait trouver des fonds pour la culture, mais c’est une autre limonade quand il s’agit de loger des personnes en galère, parce que trop pauvres, trop étrangères, souvent pas assez blanches, et dans tous les cas trop parasites. Désormais, dans ce lieu, nous voulons organiser nos vies comme bon nous semble : par la solidarité, l’entraide, l’autonomie et l’autogestion.

Nous ne voulons plus nous excuser de vivre, ils nous disent qu’il n’y aucune solution, nous leur répondons que c’est eux le problème. Ici et maintenant, rencontrons-nous, organisons-nous.

 

Tout pour tou-te-s, Pouvoir au peupe !!

soirée/CONCERT de soutien samedi 5 Octobre

concert05102013

“Un été à la CREA”, nouveau clip!

Bilan d’un été 2013 où comme toute l’année, la CREA subit une répression sans pitié et continue de se battre sans répit !

http://youtu.be/rRhKgLLuqxk

faites tourner!

Expulsions – Réquisitions : l’Etat choisi ses pauvres

Communiqué de presse de la CREA du 3 aout 2013

 Alors que les problèmes de logement se poursuivent à Toulouse comme ailleurs, que le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE) estime qu’il y a “urgence à agir” pour les quelque trois millions d’enfants pauvres en France, dans un avis sur leur “situation alarmante” publié lundi 8 juillet 2013, la réalité de l’arbitraire se poursuit.

Alors que, à Toulouse, les prises en charge des familles dans les hôtels s’arrêtent (6 familles remises à la rue depuis 2 semaines) et cela va se poursuivre durant tout l’été pour les 26 familles restant hébergées dans ces conditions inadaptées.

Alors que le 115 de Haute-Garonne est dans l’incapacité de trouver des solutions aux personnes qui l’appellent encore : hier, pour 187 demandes d’hébergement d’urgence, 155 refus ont été prononcés dont 34 envers des familles (soit 138 personnes).

Rappel des faits : Avril 2011, la réquisition du 70 Allées des Demoiselles, immeuble de 5 étages, ouvre la voie vers des lieux de vie d’un nouveau genre : la mise en œuvre d’activités sociales, dont le logement, par les acteurs eux-mêmes. Dans un élan partagé par beaucoup de riverain.e.s mais aussi de Toulousain.e.s ainsi que de la fédération nationale des centres socio-culturels, le Centre Social Autogéré séduit. Pendant un an et demi, ce lieu a permis de soustraire plus de 50 personnes aux conditions extrêmes de la vie à la rue, mais aussi de favoriser scolarisations, créations, réflexions, rencontres, ateliers divers, etc. le tout dans un contexte de bonne humeur et de lutte sociale.

Le propriétaire, le ministère des solidarités et de la cohésion sociale, fera tout pour nous en empêcher. Il demande l’expulsion d’urgence des occupant.e.s et leur remise à la rue. Cependant, la justice donne raison aux habitant.e.s : l’Etat sera débouté du référé en 1ère instance sur la base d’une absence de projet et de la contradiction sur les questions de sécurité (bâtiment prétendument insalubre, et situation supposément plus sûre à la rue).

Deuxième épisode : Le Tribunal Administratif ordonne l’expulsabilité alors qu’il n’en a pas la compétence. En effet, cette décision sera annulée par le recours en appel du 7 mars 2013.

Malheureusement, cette procédure n’empêchera pas le propriétaire de recourir aux forces de l’ordre pour remettre à la rue les 9 familles et 10 personnes isolées.

Il aurait tout simplement pu attendre et chercher des solutions qui lui incombent, comme le rappelle  l’ordonnance du Conseil d’Etat du 10 février 2012, au lieu d’expulser et s’empresser d’installer un projet sur 2 étages seulement, ce qui empêche de fait la résolution du litige juridique. Ce stratagème aurait pu passer inaperçu mais l’apparition de la halte de nuit, dans ces conditions, pose problème, selon les professionnels de l’urgence sociale pour qui cette structure reste une nécessité. La cohabitation précédente avait pourtant produit des effets positifs sur la vie de toutes les personnes, voisin.e.s, habitants de la Maison Goudouli…

Alors que ces familles se retrouvent à naviguer de squat en squat, que le nouveau centre social autogéré, où vivaient 50 personnes, a été expulsé vendredi dernier, qu’un autre bâtiment de même taille, a été expulsé le mardi suivant, nous avons réinvesti notre maison, le 70 allées des Demoiselles, le lundi 29 juillet 2013 au soir, afin d’y revivre et d’y recréer un centre social autogéré.

Chaque matin, à partir de 7h, un petit déjeuner devant le lieu sera organisé pour tous. N’hésitez pas à re-venir nous rencontrer.

Au plaisir de vous revoir dans ce quartier.

Voici l’histoire de X., tabassé par la police ou la banalité de la férocité de l’Etat.

Toulouse, juillet 2013

« La nuit, de manière générale, correspond au temps de l’absence de règles. On fuit un monde fatiguant, bruyant, enfermant dans des systèmes. Les gens se sentent libres, vivants. […] On croit que tout est permis. Il n’y a plus de règles, plus d’interdits, plus de barrières, donc plus de droit. On a le sentiment que la nuit nie le droit, on l’oublie volontairement. Tout est plus violent la nuit : le face-à-face, la fuite éventuelle, l’humanité ou la sévérité. Tout est plus pur aussi. Les noctambules diront qu’ils ont le sentiment que tout est possible la nuit. Les policiers le diront également. »

Michel Felkay, Donner sa vie au quotidien. Travail de policie en BAC, L’Harmattan, 2003., p104. M.Felkay est commissaire de police, chargé d’une BAC de nuit.

“I’m not free but I’m working on it”
“Je ne suis pas libre mais j’y travaille”

Stevie Wonder

Le quartier Arnaud Bernard est le dernier quartier populaire du centre-ville de Toulouse. Situé entre le quartier d’affaires (Compans Cafferelli) et la luxueuse Mairie du Capitole, nourri de l’immigration populaire nord africaine, ce quartier ne correspond pas aux perspectives du grand projet de métropole européenne.  “On sent bien qu’on fait tâche”, c’est le sentiment partagé par tous ceux qui fréquentent cette place et lui donnent son caractère populaire. Le quartier est donc visé comme priorité en matière de rénovation urbaine par les politiques, les entreprises et les médias locaux. Cette rénovation urbaine est basée sur des déplacements de population – les plus en galère – pour laisser place à des quartiers bourgeois, c’est bien une guerre aux pauvres: harcélement  policier, chasse aux “gibiers” sans papiers, destruction culturelle du quartier, programme de vidéo-surveillance massif, droit de décision de la mairie sur l’installation des commerces au nom de “la mixité”… Arnaud Bernard est ainsi désigné comme “zone criminogène” par la préfecture, ce qui autorise la police à y contrôler qui elle veut, quand elle veut en utilisant les méthodes qu‘elle veut. Sur cette place, les classes populaires en général, les Noirs et les Arabes en particulier, ont pour lot quotidien rafles, extorsions, chantages et brutalisations de la part de la police.

Dans la nuit du 22 juin 2013, la place s’anime et la fête échauffe les esprits des flics qui regardent et encadrent de loin, n’osant pas s’attaquer à autant de monde mais cherchant quelques proies à ramener au poste: des Mises A Disposition (MAD), c’est-à-dire des bons points pour leurs carrières. Au fil de la soirée, le quartier se vide peu à peu. Au milieu de la nuit, vers 3h du matin, un groupe d’amis dont X. fait partie, composé en grande partie de basanés et ayant tous en commun les traits du style vestimentaire populaire, tentent de calmer une altercation dans la rue.  Surgissent des hommes  qui selon les témoins surveillaient la scène depuis un moment. L’un d’eux saisit par la gorge le plus basané du groupe: Y., le colle contre le mur en l’insultant, lui confisquant en plus ses papiers. Y. n’a jamais pu récupérer son titre de séjour. Cette technique policière porte un préjudice terrible et semble bien banalisée dans ce quartier comme dans tant d’autres.

Rien n’indiquait alors qu’il s’agissait de policiers. Les récits des témoins l’assurent : ces hommes étaient habillés en civil  (jeans, baskets, sweat…), ne portaient pas de brassard « police » et ne se sont à aucun moment signalés comme tels. Le groupe d’amis saisit qu’il sagit de la police lorsque trois de ces hommes se jettent sur X. Ils le clouent au sol (il fait 1m70 et 70 kg), frappant ainsi une première fois sa tête contre le bitume et lui mettent les menottes dans le dos. Ecrasé au niveau de la poitrine par le poids de trois policiers, il semble s’étouffer. Effrayés par la brutalisation  des policiers et entendant les suffocations de X., ses amis tentent de calmer les policiers. Ils se font insulter (“faites la taire cette connasse!”…) et taper à coups de matraque. Les nombreux hématomes qu ils portent et la cheville foulée de Z, l’une d’entre elles.eux en témoignent.
À chaque fois que X. tente de faire savoir qu il s’asphyxie, les policiers renforcent la compression.

Au bout de quelques minutes, X. semble KO, toujours maintenu au sol sur le ventre, visage à terre et menotté dans le dos, il est relevé par la chaine des pinces par un policier.  Le policier applique ainsi toute la force nécessaire pour relever ces 70 kg en tirant sur les menottes, elles-mêmes serrées au maximum. La douleur est telle que les hurlements de X.  effraient la foule qui assiste à la scène. Son poignet gauche se fracture à deux endroits différents et des contusions restent toujours visibles à l’emplacement des menottes. Le policier le traine sur une dizaine de mètres en direction de leur voiture. Au moment de le faire entrer sur la banquette arrière, il envoie cogner sa tête contre la carrosserie avant de l’y jeter. Direction le commisariat,  en attendant, dans la voiture, X. reçoit insultes et claques de la part des policiers. Même procédé au moment de sortir de la voiture, un policier le tire de toute force par la chaine des menottes, son poignet est déjà fracturé, puis lui cogne la tête contre la carrosserie.  Toujours menotté au dos, il le pousse de dos et par derrière à l intérieur du commissariat. Au passage d’un couloir, un policier place sa main derrière la nuque de X. et projette sa tête contre le mur. Il est fait de même par un agent de police  pour ouvrir une lourde porte battante, on y envoie la tête de X s’éclater contre la paroie. Puis il est jeté au sol, sur le carrelage d’un couloir, face contre terre. Une fois encore sa tête frappe le sol.

X. est laissé là, probablement une heure. À de nombreuses reprises, il hurle de douleur, supplie que quelqu’un lui desserre les menottes ne serait-ce que d’un cran. Il reçoit comme réponse des insultes et du mépris.
Il entend par la suite les policiers faire des remarques sur lui en consultant son dossier. X. est engagé dans la CREA (Campagne pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion) ainsi que dans les luttes contre les violences policières. Reconnu comme tel par les policiers, il reçoit des coups de pieds dans les côtes.
Nous savons à quel point la police sert à écraser toute forme de lutte.

Plusieurs fois, il suffoque et se relâche complètement pour arriver à respirer. Aucun policier en  civil ou en uniforme, ni gradé ni auxiliaire, ne cherche à savoir s’il est vivant ou mort, ne s’inquiète de sa situation de santé, ne le relève ou ne l’assied sur un banc. C’est l’ensemble des policiers de ce commissariat qui s’est alors rendu coupable de non-assistance à personne en danger. L’absence de réaction de chacun des fonctionnaires de cette institution face à cette scène démontre bien que ces méthodes sont banalisées et normalisées. Plusieurs policiers ont passé X. à tabac, tous les policiers d’un commissariat l’ont laissé proche de l’agonie, l’Etat en est pleinement  responsable.

Au bout de plusieurs heures, un policier finit par relever X. en empoigant de nouveau la chaîne des menottes, il hurle encore, son poignet le faisant atrocement souffrir.
Finalement, une équipe de jour composée de nationaux en uniforme l’embarque vers l’hôpital. Il est admis à 6h14 aux urgences selon son « bulletin de situation » délivré par le CHU de Purpan. Ces policiers le refilent à des infirmier.e.s.
Durant cette nuit au commissariat, à aucun moment ne lui fut signifié de garde-à-vue, ni proposé d’avocat ni de médecin. Bien sûr, il n’a pas été auditionné car il aurait été bien évidemment impossible de l‘interroger dans cet état devant une caméra et un avocat. Aux alentours de 10h, X. apprend des policiers qui l’ont amené à l’hôpital qu’il était jusqu’à présent en garde-à-vue alors même qu’ils lui signifient que cette dernière est “terminée”. Ces policiers le laissent alors à l’hôpital sans aucun document attestant ni son arrestation ni son passage au commisariat.

X. est par la suite opéré par l’équipe du service de traumatologie qui certifie et décrit les lésions suivantes: fracture trans-scapho-péri-lunaire au niveau de son poignet gauche, contusion de la cheville droite, traumatisme facial avec hématome de l’hémi-face droite, oedème péri-orbitaire, et plaie quasi-transfixiante de la lèvre inférieure. Il lui est également certifié que ses lésions entraînent une incapacité temporaire totale de 60 jours, une incapacité provisoire partielle de 8 jours, et cela “sous réserve de complications”.

Après trois jours passés à l’hôpital, le 24 juin, à sa sortie, X. se rend au service de la médecine légale. Le médecin légiste découvre qu’il a aussi le tympan percé et atteste d’une longue liste de traumastismes et de blessures (voir en fin de texte):
Ces traumatismes physiques, les séquelles psychologiques et leurs souvenirs perdureront longtemps après les faits.

Cette histoire n’est pas celle de “brebis galeuses” au sein de la police ou de quelques “mauvais” policiers  mais bel et bien de l’institution policière. Il n’y a pas “d’accidents” ni de “bavures”. Ce sont les méthodes habituelles d’intervention et de gestion des interpellés par la police dans ce quartier, méthodes qui ont été appliquées sans retenue sur X. Ce sont les techniques normales de chasse et d’écrasement des pauvres menées par la police toute l’année dans tous les quartiers populaires de France et en particulier dans ceux qu’elle doit nettoyer pour faire la place aux bourgeois. Par la suite et dans la même logique, le 17 juillet 2013, à l’endroit exact où X. avait été arrêté un mois auparavant, de nombreux policiers parmi lesquels des équipes de la BAC et des CRS venus en renfort ont employé lacrymogènes et flashball pour disperser des habitants  révoltés suite à une descente de police devant la salle de prière musulmane de la rue de l’Hirondelle, en plein Ramadan.

X. a eu beaucoup de chance malgré tout : il n’a pas été tué, contrairement à tant d’autres hommes généralement plus “bazanés”. Pour les 6 premiers mois de l’année 2012, pas moins de 12 vies avaient été volées par la police, principalement des pauvres, des Noirs et des Arabes. X. n’a pas succombé à une clef d’étranglement comme Hakim Ajimi tué à Grasse en 2008, menotté et écrasé par la BAC. X. n’est pas mort suite aux coups des policiers comme Ali Ziri à Argenteuil. Il n’a pas pris une balle policière dans le dos comme Amine Bentounsi à Meaux, Il n’a pas été mortellement blessé dans un véhicule de police comme Liamine Dieng à Paris, ni tazé, gazé et tabassé comme Mahamadou Marega à Colombes. A la différence de Yassin Aibeche, Lahoucine Aït Omghar, Zyed Benna, Mohammed Ben Maamar, Wissam El Yamni, Jamal Ghermaoui, El Mahjoub Gmili, Nabil Mabtoul, Youcef Mahdi, Sofiane Mostefaoui, Lakhamy Samoura, Tina Sebaa, Moushin Sehhouli, Abou Bakari Tandia, Bouna Traoré et tant d’autres X. est en vie et se remet progressivement de ses blessures. Que toutes celles et ceux, tué.e.s par la police et la prison reposent en paix. Solidarité complète avec les luttes des familles et des proches pour la dignité, la justice et la vérité.
Au vu de la façon dont ils et elles sont traitées, nous savons qu’il n ‘y a rien à gagner du côté de l’institution judiciaire. Nous pensons aussi à Trayvon Martin, à sa famille et à ses proches aux Etats-Unis. Ici comme là-bas, nous faison face aux mêmes systèmes. L’immense majorité des procès, de longues et exténuantes batailles menées par les familles des personnes agressées et/ou tuées par la police, n’aboutissent qu’à des non-lieux pour les forces de l’ordre, les confortant ainsi dans leurs méthodes d’actions et leur férocité.
Nous savons par avance que nous ne gagnerons rien en portant plainte contre les policiers qui ont tabassé X. mais nous voulons démasquer et dénoncer publiquement le fonctionnement de la police dans nos quartiers populaires, entre autres à Arnaud Bernard. En solidarité avec celles et ceux qui, privés de papiers et/ou enchainés par leurs conditions ne peuvent faire entendre leurs voix et traîner en justice ceux qui les agressent, les harcèlent et les humilent continuellement. Nous avons décidé de porter plainte car ce récit est celui du quotidien ici. Pour ne pas laisser le silence et les médias recouvrir les violences policières, pour faire entendre nos voix.
Solidarité avec toutes les insoumissions quotidiennes, toutes les résistances et les révoltes face à la police, ici et partout !

Des proches, des ami.e.s et des camarades de X., Y. et Z.,
des membres de la CREA, des gens d’Arnaud Bernard et des personnes solidaires.

Liste des blessures subies par X et établies par la médecine légale de Toulouse le 24 juin 2013:

*extrémité céphalique :
- région temporale droite : lésion ecchymotique érythémateuse ovalaire de 3 cm de diamètre,
- sur la paupière inférieure et supérieure de l’oeil droit : visualisation d’hématome violacé, débutant à l’angle interne et se terminant à l’angle externe avec présence d’une hémorragie sous-conjonctivale dans le quadrant externe de l’oeil droit,
- pommette gauche : plaque parcheminée horizontale, rectangulaire, mesurant 5 cm de long x 1,5 cm de haut,
- oreille gauche, sur l’ensemble du cartillage de l’oreille et sur la face postérieure de celle-ci : visualisation de multiples lésions à type d’hématomes violacés,
- une perforation du tympan gauche,
- au cuir chevelu, en région occipitale gauche : lésion ecchymotique érythémateuse de 5 cm de diamètre,
- lèvre branche supérieure droite de l’extrémité distale : visualisation d’une plaie oblique vers le bas et la gauche sur laquelle sont positionnés des points de suture.
A noter une contusion de l’ensemble de cette lèvre.

*membre supérieur gauche :
- le patient présente le bras en immobilisation par une attelle thermoformée antérieure,
- visualisation d’un pansement sur la face dorsale du poignet et de l’extrémité inférieure de l’avant-bras que nous ne retirons pas pour les besoins de l’examen,
- présence d’un oedème diffus sur l’ensemble de la main.

*membre supérieur droit :
- en regard de la face dorsale du poignet : un liseré érosif, croûteux, linéaire de 8 cm de long,
- sur la face dorsale de la main, en regard des têtes des articulations des IVème, IIème et IIIème rayons de la main : visualisation de lésions croûteuses infracentimétriques. Ces mêmes lésions sont présentes en regard des articulations  interphalangiennes proximales des IIème, IIIème, IVème et Vème rayons.

*région dorsale :
- en région lombaire gauche, à 15 cm de la ligne médiane : importante plaque érythémateuse avec des érosions croûteuses punctiformes s’étendant sur une zone de 10 cm de diamètre, compatibles avec un mécanisme de production par griffure.

*membre inférieur droit :
-présence d’un volumineux hématome en regard de la maléole interne et externe, visualisation d’un hématomeérythémateux débutant au-dessus du talon et s’étendant jusqu’au tiers moyen de la face latérale latéro-externe du pied.
- sur le sur le tiers distal de la face externe de la jambe droite : volumineux empattement avec présence d’un hématome verdâtre oblique vers le bas et la gauche, mesurant 15 cm de long X 5 cm de haut,
la marche est réalisée avec des douleurs à l’appui. Le pied peut être posé en totalité.